Les chats du kibou

mes chats, leur vie, leur oeuvre, leurs croquettes

07 janvier 2008

sur le port

    Joe se leva:
    "Tu viens au café du port? On pourra en apprendre davantage, j'ai entendu dire que des hollandais bavards étaient arrivés hier soir, on va leur demander s'ils savent quelque chose sur ton chat". Il lanca par dessus son épaule, tout en remontant sur le quai , "Jules, ton filet est foutu, 'faut que t'en rachètes un autre. Je vais au café, tu veux que je t'envoie le môme avec un truc chaud à boire?
- Oui, répondit une voix lasse, et envoie aussi un chocolat chaud pour Kevin qui va devoir déméler tes noeuds dans mon filet"
Natacha s'apprêtait à les suivre lorsque Jules la rappela: "ah, tiens, prends ce voleur sous ton bras, il me rendra fou, en désignant Casse Casse. Ce dernier fit semblant de ne pas entendre, se gratta derrière l'oreille et sauta pour rejoindre Starshine et Joe.
    Tandis qu'ils s'éloignaient, Jules grommelait "j'ten foutrais des "il est fichu" moi"
    Arrivés au bar, tandis que Joe serrait la main du serveur et commandait, tous les autres s'installaient à une table au fond de la salle. Quand ils furent servis, Joe demanda si les hollandais étaient déjà repartis. Le serveur rit en posant des boissons chaudes sur un plateau qu'un enfant porterait sur le bateau de Jules: "ah, ça m'étonnerait, ils ont passé une soirée arrosée, et m'est avis que les flics n'avaient pas envie de les relâcher trop vite... ah, ben faut croire qu'ils sont moins rancuniers que je pensais, voilà Jan".
    Un grand blond avec une barbe entra à son tour, suivi de son grand chien noir. Les chats crachèrent un peu par principe, mais en réalité ils n'ont rien contre les chiens. Souvent, ils trouvent qu'ils articulent mal et qu'ils ont peu de sens de la répartie, mais dans l'ensemble, même s'ils sont assez ennuyeux, on peut compter sur ces animaux, ils sont assez fiables. Ce grand chien, en tout cas, avec ses grands yeux jaunes presqu' humains, leur inspirait confiance et Casse Casse descendit pour aller le renifler.

    Joe invita le nouveau venu à leur table "je vous cherchais, mais j'avais peur que vous soyiez déjà repartis...

- Hm, ce serait le cas si notre client était au rendez vous, mais ça n'est rien, on aura une journée de retard sur notre programme; l'avantage du gravier, c'est que ça ne pourrit pas. Chef! Donne moi donc une bière!" dit il de sa voix grave, sans quitter des yeux la blonde Natacha qui faisait comme si elle ne s'était pas encore aperçu de sa présence.

Le serveur la lui apporta tout en l'interrogeant "Je ne voudrais pas t'empêcher de faire tourner mon commerce, mais tu crois que c'est sérieux de prendre une bière après la soirée que tu as passée?

- Jan sourit et reprit "moi, c'est quand je suis à quai que ça tangue, la bière ça rééquilibre tout et ça m'empêche d'être malade."

Casse Casse monta alors sur la table et s'écria: "Le grand gris, ils l'ont vu il y a quelques années!" Tous se tournèrent alors vers le chien qui les regardait, sa grande langue rose pendante, secouant la queue, heureux d'avoir pu se rendre utile. Starshine s'approcha de Jan: "Et quand l'avez vous pris sur votre bateau?

- Vous parlez du chat gris? Il n'est pas venu sur cette péniche- là (ce disant, il pointait cette dernière du doigt) Mais quand je travaillais sur le thonnier "Blondie", Rolf l'avait déniché, par hasard, dans les cales, à moitié amoché.

- Que lui était il arrivé? demanda Natacha, enfin intéressée par le marin

- Je n'ai jamais su exactement, une histoire de bagarre avec des mouettes, pour un poisson j'imagine." 


Un grognement à peine articulé se fit entendre, mais seuls Jan et les chats semblaient avoir compris, c'est pourquoi Starshine dut expliquer à voix haute: "Il a dit que ça n'avait pas été facile de le nettoyer et de désinfecter ses paies (elle eut un sourire entendu et tous ceux qui ont essayé un jour de soigner un chat comprendront pourquoi) mais qu'il avait ensuite vite récupéré, même s'il boitait toujours en arrivant au Brésil, il a dû en garder un coussinet coupé en deux. (Les chats grimacèrent à cette évocation)

- Ouaip, ils s'entendaient bien, Rolf et lui, ils dormaient même tous les deux avec moi, sur ma minuscule couchette. C'était un drôle de chat, il passait son temps dans la cabine, avec le pilote, planté devant le radar, et il bondissait sur le pont dès qu'on croisait un banc de poissons. Il voulait que je lui explique tout ce que je savais des migrations des lieus, des maquereaux ou des sardines. Il fallait tout le temps répéter les mêmes choses, parce qu'il ne comprenait rien aux cartes maritimes,et il voulait tout retenir. Il aurait sûrement été intéressé par les essais de reproduction en captivité des esturgeons en Gironde, mais je ne suis pas sûr qu'il soit encore vivant. Il est peut- être tombé à l'eau depuis le temps qu'il nargue les poissons qui sautent à côté des bateaux..."             

Posté par lili violette à 23:26 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    m'enfin ! mais alors ????

    Posté par Lenverre, 01 septembre 2008 à 23:47

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